20 janvier 2016

OLIVIER MUKENDI

Rédigé par Saine Scène
Photographié par Mawrsi


Je me souviens de l’époque qu’on jouait dehors jusqu’en être sale & qu’on rentrait seulement au bercail à l’appel de l’odeur du poulet frit baignant dans l’huile de Canola.

Les jours de lavage, nos mères nous détestaient tous. Quoi de plus ingrat qu’un enfant crotté qui rentre à la maison, qui se sert une assiette sans se laver les mains et qui retourne jouer dehors avant même que la moindre personne ait touché à son assiette? Cet enfant, qui de par son imagination croit que tout est possible. Il joue les héros, parfois seul, d’autres fois avec ses amis, s’imagine marquer le but gagnant tous les jours de la semaine & se voit forcé de couper court les entrevues qu’il donne parce que c’est le temps d’aller au lit. On finit par devenir trop grand pour notre lit, trottant à l’ordi, trop lent pour le prix, on abandonne le cours qu’on a pris.

mtlinvazion

Bon l’histoire ne s’applique pas à Olivier Mukendi. Alors qu’à un certain point de nos vies on troque les activités physiques pour un mode de vie plus sédentaire, pratiquer un sport à un niveau élite exige un maximum de discipline, de concentration, de passion et de volonté pour y parvenir. À l’âge de 7 ans, Olivier fait son choix de carrière et c’est au domicile familiale qu’il commence à faire ses classes. Au début, c’était les dribbles entre ses frères & le Casse-Tout Football Club. Ensuite, c’est la patience de sa mère. Finalement, la terre promise, l’inscription en club et de là, il va faire son bout de chemin à travers les rangs du football belge. Premièrement avec l’Union Saint-Gilloise pour ensuite aboutir avec le Sporting Club d’Anderlecht, qui l’invite à joindre les rangs de leur académie où il jouera notamment aux côtés de Romelu Lukaku. Présentement attaquant au sein de l’effectif du FC Jeunesse Canach, qui tente de retrouver la promotion en première division du championnat de Luxembourg, le Congolais d’origine se compte privilégié de pouvoir vivre du sport qu’il a temps chéri quand il était jeune.

mtlinvazion

Ici, l’histoire se répète. Les jours de match, nos mères nous aimaient tous. Quoi de plus gratifiant que de voir son enfant grandir et vivre de sa passion, résultat des fruits de leur patience. Cet enfant dont l’imagination le mènera à jouer parmi les meilleurs joueurs du ballon rond en Belgique. Il joue les héros, après des années de pratique, il finit par s’aligner pour l’une des équipes les plus prestigieuses de son pays. La vie lui réserve à son tour un petit garçon. Il devient papa. Aujourd’hui, il ne saurait témoigner d’une plus grande fierté que la naissance de son bonhomme. Oubliez les offres significatives et le foot pour un instant, il finit en nous rappelant ces paroles de sagesse: «La famille passe avant tout.»