6 mai 2015

Hostel Cozy

Rédigé par ST
Photographié par Mawrsi


Charles Cozy, c’est qui? Ben en fait, c’est un peu tout le monde.

C’est le gars qui se fond dans la masse, que tu ne remarqueras probablement pas, et qui pourtant peut en un instant changer ta perception de la musique actuelle. Au bar où tu vas tout le temps parce que la musique est vraiment bonne, c’est le DJ dont tu ne connais même pas le nom parce qu’il ne le crie pas à tue-tête par-dessus les tracks.

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C’est le gars que tu vas croiser à 3h du matin sur le boulevard Saint-Laurent qui va te passer un écouteur pour te faire découvrir le son que tout le monde va bump dans six mois. C’est l’underdog qui a trop souvent été booké pour ouvrir une soirée, mais qui au final a outshine tout les gros noms qui ont joué après lui. C’est le beatmaker lowkey qui a des centaines de dope instrus qui ne sont jamais sortis mais qui attire quand même le respect de tous quand il ose ouvrir son coffre-fort. C’est le gars dont la boîte de messages Facebook est peuplée d’exclusivités de certains des producteurs montréalais les plus connus qui encore aujourd’hui recherchent son approbation avant de drop leurs nouveaux sons. C’est un peu le jeune Marty McFly de la musique urbaine montréalaise; il a un temps d’avance sur le game, et il est toujours là pour donner l’heure juste à ceux qui l’entourent.

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Je me rappelle quand j’ai rencontré Charles. On était tous les deux animateurs à la radio collégiale. J’ai passé un son de UGK et voilà Cozy qui débarque pour donner des props, chose inattendue quand l’auditoire moyen comptait maximum dix personnes. Direct, le courant est passé entre nous. Charles Cozy, c’est ça : pas d’attitude, pas d’artifices, juste du love et un désir de partager ce qui le passionne. Dix ans plus tard, l’auditoire a grandi, la réputation aussi, mais Charles est quand même resté le même, que ça soit en solo, avec ses boys de MELT MTL ou avec le ALAIZ crew.

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Cet été, Cozy aura la chance d’exporter ses sélections en dehors du continent américain pour la première fois dans le cadre de la tournée européenne Montreal Invazion. C’est un peu l’aboutissement d’une carrière qui ne devait pas réellement en être une, d’un parcours où l’intention n’a jamais été de vivre de la musique, mais où la trajectoire pointait nécessairement vers le haut. Maintenant, on peut le trouver dans le DJ booth d’un bar montréalais 6 jours sur 7 et bonne chance à celui qui désire trouver quelqu’un pour s’en plaindre.