16 décembre 2015

EDSON DOLAN

Rédigé par Mawrsi
Photographié par Mawrsi


À chacun sa réalité telle est la vie.

Xavier Dolan ne vient pas dans le hood & Denis Villeneuve, well, he is pretty Hollywood by now. Le kid monoparental de Shawinigan ne se retrouve pas particulièrement dans les récits de guerre de l’enfant rwandais, et ainsi sont les choses, une histoire est propre à chaque personne. Comme dans plusieurs grandes villes, grandir à Montréal a cette particularité de créer un sentiment d’appartenance et de fierté territoriale selon le quartier, la rue, le métro, la démographie et plusieurs autres facteurs qui ne veulent rien savoir d’unir les gens. Aussi gratuite que la violence peut sembler être à nos yeux de promoteurs de la paix, les récits faisant l’apologie de celle-ci sont innombrables donc durs à ignorer. Si pour certains le temps arrange les choses, il est également vrai qu’à force de baigner dans la même merde, on finit par s’y habituer. C’est généralement là qu’on peut en parler avec conviction & that’s when we spoke with Edson Joseph about politics as usual.

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Dans l’enceinte de l’appartement d’Edson, c’est comme s’il portait les couleurs du Québec à coeur et que la St-Jean se célèbre toute l’année. Edson a connu le Québec dans Montréal Pie-IX et sa réalité peut se traduire par les nombreux tatouages qu’il arbore. C’est un secret pour personne, les tatouages ont souvent une signification particulière pour la personne qui les porte, peut-être à l’exception près de la fille du 450 qui possède un tribal dans le bas du dos. Pour Edson, son histoire de vie se résume ainsi: the beautiful struggle. « I wanna see all of my homies shine. Cousin, si je mange, tout le monde autour de moi mange. La famille c’est important comme les bagayes tu vois dans les films de Didier Dolan… » Edson fait bien sur référence à Xavier Dolan et non Didier, probablement une brève confusion avec la frénésie Didier Drogba qui déferlait les rues de Montréal. S’il a la chance aujourd’hui de nous faire part de son vécu, il le doit à son cheminement tumultueux depuis son arrivée à Montréal en provenance d’Haïti alors qu’il était encore petit garçon. Les hasards de la vie ont fait qu’il grandirait dans le milieu hostile qu’est Pie-IX/St-Michel et on devine rapidement que c’est ça la beauté d’un pays d’accueil, il faut faire sa chance. Notre environnement, on doit s’y adapter. Après ça, c’est l’instinct de survie qui embarque, peu importe comment, peu importe le struggle, on essaye tous de gagner notre pain.

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Pour Edson, il ne chérit pas le rêve d’un ouvrier journalier dans une usine. Son père et sa belle-mère, may she rest in peace, ont vraiment fait tout ce qui était en leur moyen afin de donner une meilleure vie à lui et à ses frères et soeurs.  Dans ces circonstances, la vie l’a mis à l’épreuve et si on reprend les mots de sa ride or die, ou femme de sa vie si vous aimez mieux, il reste fort et demeure serein à travers les hauts et bas. Conscient que le changement peut se faire attendre longtemps, c’est à lui uniquement que revient le choix de s’offrir de meilleures perspectives. First thing first, il aimerait se concentrer sur ses aspirations d’acteur & la première étape passe par le porte-folio, la raison principale de notre venu dans son chez lui. Il faut dire qu’il y a pris goût après quelques figurations dans des vidéoclips et productions québécoises dont le dernier est le film NOIR réalisé par Yves Christian Fournier, il souhaite changer le paysage médiatique québécois, qui pour lui n’est pas du tout représentatif de la diversité démographique de la province. Pour ça, il faut bien sur commencer par rentrer dedans. Éventuellement, il aimerait s’asseoir avec un scripteur afin de faire part de son vécu qu’il aimerait adapter au grand écran. Qui sait ? Les télévisions du Québec joueront peut-être un jour la réalité des rues de Montréal. Pierre-Karl aurait certainement à gagner à produire une émission qui représente la diversité du Québec. Et pour le principal intéressé, c’est vraiment à propos de représenter sa réalité : « C’est toujours les mêmes personnes qui passent à la télé et Bon Dieu voit que quand tu regardes autour de toi à Montréal et ça n’a rien à voir.» Il garantit un succès au box-office qui mobiliserait toutes les communautés ethniques puisque tous devraient être représentés dans ce long métrage. On peut dire que si son pari semble ambitieux c’est dans la nature de l’homme qu’il est. Ses prédictions ne sont peut-être pas pour arriver de sitôt, il n’en demeure pas moins que la finalité de réunir chacune des communautés de Montréal dans un seul et même film serait tout un tour de force.

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En attendant la réalisation de ce film, on lance l’invitation à quiconque serait intéressé(e) par l’opportunité d’embaucher Edson pour un projet visuel ou encore pour écrire le script de son film, de nous écrire ✌.

Photographe : Dominick Gravel